(English below)
Date : du 5 au 7 novembre 2026
Lieu : Université Bordeaux Montaigne (Pessac, France)
Le colloque international « Héritage des pratiques lettrées et transmission des savoirs : mémoires plurielles et regards croisés entre études chinoises et littérature générale et comparée » permettra d’approfondir les discussions engagées entre les spécialistes de littérature d’expression chinoise et les comparatistes travaillant sur la sphère sinophone, suite à deux journées d’études du CEREO, consacrées en 2024 et 2025 aux différentes approches et pratiques de l’enseignement en France des littératures chinoises, moderne et ancienne. Il s’agit de resserrer la collaboration entre l’UR Plurielles (UBM, en particulier les équipes internes CEREO et Littératures et mondes), l’UMR IFRAE (INALCO/CNRS) et le CERC (Sorbonne-Nouvelle) : deux équipes de sinologues et deux équipes de comparatistes. Il s’agit aussi de poursuivre les échanges académiques avec le Centre d’études de la civilisation chinoise moderne de l’Université nationale de Taïwan.
Un colloque organisé par le mouvement Transitions (Sorbonne-Nouvelle) en mars 2024 s’interrogeait autour du verbe « hériter » : « Une culture fondée sur la transitionnalité doit (…) ménager aux humains un large espace d’inventivité destiné à les doter des ressources subjectives nécessaires pour choisir, ajuster, transformer ce dont on hérite, en lien avec les autres, désaccords et conflits compris. » (Programme) S’agissant de l’« héritage des pratiques lettrées » relatives à l’aire sinophone, cet enjeu revêt une importance spécifique : nos deux disciplines de recherche se situent en partie hors des cadres nationaux et ne se soumettent pas nécessairement, lorsqu’elles en font le choix, à l’exigence de la fixation et de la transmission d’un canon littéraire allant de pair avec la construction d’une nation. Quelles possibilités s’offrent alors à nous ?
Le colloque permettra, d’une part, de replacer la littérature d’expression chinoise – ancienne, moderne et contemporaine – dans ses rapports avec les autres formes de pratiques lettrées et, d’autre part, de l’ouvrir à des approches de littérature comparée, générale ou mondiale, afin d’interroger la notion même d’héritage dans ces domaines.
L’examen du legs intellectuel de figures du passé (enseignantes et enseignants, philologues, critiques, traducteurs et traductrices, et souvent tout cela à la fois) encore érigées en modèles ou en contre-modèles, ou bien dont on regrette l’oubli, et la réflexion sur les méthodes, délimitations disciplinaires et références théoriques dans les disciplines des études chinoises et de la littérature générale et comparée n’ont pas pour but de dresser un inventaire ni de perpétuer certaines traditions critiques ou pratiques académiques. L’enjeu est plutôt d’interroger leur actualité en adoptant un regard critique et pluridisciplinaire : confrontée aux problématiques propres au XXIᵉ siècle, notamment en ce qui concerne la place de l’enseignement et de la recherche dans la société et dans la construction du commun, la question de la transmission des savoirs engage les intervenantes et intervenants à interroger leurs propres approches et leur positionnement face à ces héritages, qu’il s’agisse d’ajustements, de réinterprétations, de dettes, de métissages ou de ruptures franches et de positionnements polémiques. Au cœur de cet examen critique, c’est l’articulation entre les dimensions didactique, épistémologique et sensible de notre travail qui s’offre à la discussion.
La tradition lettrée chinoise met en valeur le modèle de la transmission de maître à disciple, par imprégnation et imitation d’un savoir incorporé qui va au-delà du dicible et qui est plus « savoir-être » que « savoir-faire » (Jean Levi, 2013). De nombreux récits en donnent un aperçu, comme les fictions traduites en 2021 dans Impressions d’Extrême-Orient, la nouvelle du romancier coréen Yi Mun-Yŏl L’Oiseau aux ailes d’or (tr. Actes Sud, 1990) ou le récit personnel de la peintre et calligraphe Fabienne Verdier Passagère du silence (2003). Les enjeux pédagogiques, culturels, politiques de cette tradition ont fait l’objet de travaux (voir par exemple Pablo Blitstein sur « l’emprise des maîtres » dans la Chine de l’époque médiévale, ou Wiebke Denecke sur la « littérature des maîtres à penser » (Masters Literature) dans la Chine antique), et la relation maître-disciple a été abordée également dans le cadre d’un comparatisme différentiel, qui, au-delà de l’opposition schématique Orient-Occident, montre que la transmission maître-élève peut être dénoncée pour son formalisme excessif dans toutes les littératures du monde (V. Deshoulières et M. Constantinescu, 2009).
Nous souhaitons partir de là pour interroger le rapport des chercheurs que nous sommes à des figures tutélaires dont nous nous sentons les héritiers ou dont nous rejetons le joug. La sinologie, par sa tradition lettrée du rapport maître-élève, nourrit sans doute de manière assez spécifique ce phénomène, qu’on rencontre évidemment dans d’autres disciplines. On peut ajouter une forme de filiation beaucoup plus distante : la tradition chinoise fait se rencontrer les poètes par-delà les siècles, à travers des lieux qui deviennent buts de voyage, des formes poétiques qu’un héritier à plusieurs siècles d’écart reprend et module, de sorte que la littérature est un espace où se recrée un rapport maître-élève intime mais plus abstrait (cf Michèle Métail, Le Paysage après Wang Wei, Lanskine, 2021, et Voyage au pays de Shu : journal 1170-1998, Tarabuste, 2004). Cela peut constituer une autre forme de relation choisie.
Les intervenantes et intervenants sont invités à mettre en perspective les héritages critiques qu’ils reconnaissent, sans s’en tenir à des rapports maîtres-disciples stricts mais en s’intéressant aux pratiques lettrées, par quoi nous entendons aussi bien le wen classique et la littérature au sens moderne, que la recherche en études littéraires, en histoire et en philosophie, sans exclure d’autres disciplines des sciences humaines et sociales dès lors que le texte, et pas seulement le terrain, est considéré comme champ d’expérience et que les œuvres textuelles de chercheurs antérieurs forment un héritage à discuter (cf. V. Debaene et C. Vial, « Lévi-Strauss: What Legacy? », Yale French Studies, n° 123, 2013, p. 14-40).
Au-delà des héritages personnels, le colloque se propose d’approfondir différents angles de problématisation :
Conférences plénières (sous réserve) : David Der-Wei Wang (Harvard/Academia sinica), CHEN Pingyuan (Université de Pékin/Université du Henan), MEI Chia-Ling (Center for Modern Chinese Civilization Studies, Université nationale de Taïwan).
Conférence-lecture de Michèle Métail, poétesse.
Organisateurs : Céline Barral (Littératures et mondes, UR Plurielles, UBM), Tan-Ying Chou (CEREO, UR Plurielles, UBM)
Comité scientifique :
Céline Barral (MCF en littérature générale et comparée, Littératures et mondes, UR Plurielles, UBM)
Tan-Ying Chou (MCF en études chinoises, CEREO, UR Plurielles, UBM)
Tristan Mauffrey (MCF en littérature générale et comparée, CERC, Université Sorbonne-Nouvelle)
Haun Saussy (PR en littérature comparée, Université de Chicago)
Victor Vuilleumier (PR de littérature chinoise moderne, UMR IFRAE, INALCO)
Propositions de communication : en français, anglais ou chinois (dans ce cas, merci d’envoyer également une version anglaise. L’intervention devra sans doute se faire en anglais, sauf conférences plénières traduites)
Les propositions de communication devront parvenir au plus tard le 31 mars 2026 aux adresses suivantes :
Contacts :
celine.barral@u-bordeaux-montaigne.fr
tan-ying.chou@u-bordeaux-montaigne.fr
BIBLIOGRAPHIE
Trois numéros de la revue Impressions d’Extrême-Orient :
« Hommage au Maître hétéroclite. En souvenir de Jacques Pimpaneau (1934-2021) », 2024, 16, dir. Vincent Durand-Dastès, Valérie Lavoix, Pierre Kaser et Julie Gary-Bonte.
« Hommage à André Lévy », 2022, 14, dir. Pierre Kaser, Loïc Aloisio, Chen Jiakun, Solange Cruveillé.
« Maître(s) et disciple(s) dans les littératures d’Asie », 2021, 13, dir. Pierre Kaser et Loïc Aloisio.
Céline BARRAL et Fabienne RIHARD-DIAMOND (dir.), Tact critique et pensée comparatiste de la traduction, Pessac, PUB, 2025.
Jean François BILLETER, Mémoire sur les études chinoises à Genève et ailleurs, Genève, Librairie du Rameau d’Or, 1998.
Jean François BILLETER, Contre François Jullien, Paris, Allia, 2006.
Pablo Ariel BLITSTEIN, « L’emprise des maîtres. Savoir et autorité dans la Chine médiévale », L’Homme. Revue française d’anthropologie, 2019, n° 229, p. 49-76.
陳平原 CHEN Pingyuan, Zuowei xueke de wenxueshi 《作為學科的文學史》(L’histoire littéraire comme discipline), Pékin, Peking University Press, 2011.
CHEN Pingyuan, Sept leçons sur le roman et la culture modernes en Chine, édité par Angel Pino et Isabelle Rabut, Brill, 2014.
陳平原 CHEN Pingyuan (ed.), AI shidai de wenxue jiaoyu 《AI時代的文學教育》(L’éducation littéraire à l’ère de l’intelligence artificielle), Pékin, Peking University Press, 2025.
Anne CHENG, Désorienter la Chine, CNRS éd., coll. Les grandes voix de la recherche, 2025.
David DAMROSCH, Comparing the Literatures. Literary Studies in a Global Age, Princeton University Press, 2020.
Wiebke DENECKE, The Dynamics of Masters Literature. Early Chinese Thought from Confucius to Han Feizi, Cambridge et Londres, Harvard University Press, 2010.
Valérie DESHOULIÈRES et Muguras CONSTANTINESCU (dir.), Les Funambules de l’affection. Maîtres et disciples, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2009.
Muriel DÉTRIE, « Connaissons-nous Étiemble ? », Revue de Littérature comparée, n° spécial « Relire les comparatistes français », 2000/3, p. 413-426.
Muriel DÉTRIE et Philippe POSTEL, La Chine dans les études comparatistes : nouvelles approches et repositionnements, SFLGC, coll. Poétiques comparatistes, 2020.
ÉTIEMBLE, « Ce que je dois à Marcel Granet », Etudes chinoises, 1985, repris dans Ouverture/s/ sur un comparatisme planétaire, Paris, Christian Bourgois, 1988. Online: https://classiques.uqam.ca/contemporains/etiemble_rene/ce_que_je_dois_a_Granet/ce_que_je_dois_a_Granet.html
ÉTIEMBLE, Lignes d’une vie, Arléa, 1988 et Jeannine KOHN-ÉTIEMBLE, 226 lettres inédites de Jean Paulhan, Klincksieck, 1975.
JEONG Eujin, Muriel DÉTRIE (dir.), L’enseignement des littératures asiatiques et la traduction : expériences, interrogations et propositions, Paris, You Feng, 2022.
Michael KNOCHE, « Ist die Gattung Festschriften noch zu retten? », Carnet Hypothèses : Aus der Forschungbibliothek Krekelborn, 17 juillet 2023 [consulté le 13/12/25] https://doi.org/10.58079/lyvm
Leo Ou-Fan LEE, « The Legacies of Jaroslav Průšek and C.T.Hsia », dans David Der-wei WANG, A New Literary History of Modern China, The Belknap Press of Harvard University Press, 2017.
Jean LÉVI, « La transmission de la Voie de maître à disciples en Chine ancienne ou le Geste sans la Parole », dans Aurélie NÉVOT (dir.), De l’un à l’autre. Maîtres et disciples, Paris, CNRS éd., 2013, p. 35-63.
André LÉVY, « Littérature classique, littérature moderne : Ruptures ou continuités », communication présentée en 1996 lors du colloque « Littérature chinoise. État des lieux et mode d’emploi » organisé par le GREOC de l'université de Provence, reproduite en ligne en 2022 : https://journals.openedition.org/ideo/2370.
LIU Tao Tao, Laurence K. P. WONG et CHAN Sin-wai (dir.), Style, Wit and Word-Play: Essays in Translation Studies in Memory of David Hawkes, Newcastle, UK, Cambridge Scholars Publishing, 2012.
William MARX, Vie du lettré, Paris, Éd. De Minuit, 2009. English translation: A Scholar’s Life, London, Paris, Hermits united, 2026.
William MARX (dir.), Valéry au Collège de France, Collège de France, 2025.
梅家玲 MEI Chia-Ling, Wenxue de haixia zhongxian : cong shibian dao wenbian《文學的海峽中線:從世變到文變》(La ligne médiane de la littérature : des évolutions historiques aux évolutions littéraires) , Taipei, Shibao, 2023.
梅家玲 MEI Chia-Ling (ed.), Shishi yu shixin : Tai Jing-Nong jingxuanji《史識與詩心:臺靜農精選集》 (Connaissance historique et sensibilité poétique : œuvres choisies de Tai Jing-Nong), Presses de l’Université Nationale de Taiwan, 2024.
Michèle MÉTAIL, Voyage au pays de Shu : journal 1170-1998, Tarabuste, 2004.
Michèle MÉTAIL, Le Paysage après Wang Wei, Lanskine, 2021.
Aurélie NÉVOT (dir.), De l’un à l’autre. Maîtres et disciples, Paris, CNRS éd., 2013.
Isabelle POULIN et Jérôme ROGER (dir.), Le Lecteur engagé. Critique, enseignement, traduction, Pessac, PUB, coll. « Modernités », 2007.
Haun SAUSSY, Great Walls of Discourse and Other Adventures in Cultural China, Cambridge (Mass.), Londres, Harvard University Asia Center, 2001.
Haun SAUSSY (dir.), Comparative Literature in an Age of Globalization, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2006.
Haun SAUSSY, The Making of Barbarians: Chinese Literature and Multilingual Asia, Princeton, Oxford, Princeton University Press, 2022.
George STEINER, Lessons of the Masters, Harvard UP, 2004.
Fabienne VERDIER, Passagère du silence, Paris, Albin Michel, 2003. English translation: Passenger of Silence: My Quest for the Ancient Arts in Post-Cultural Revolution China, Milan, 5 Continents eds, 2024.
Benoît VERMANDER, Comment lire les classiques chinois?, Paris, Les Belles Lettres, 2022.
David Der-Wei WANG, Fin-de-siècle Splendor: Repressed Modernities of Late Qing Fiction, Stanford University Press, 1997.
王德威 David Der-Wei WANG, Ruhexiandai, zenyang wenxue ? shijiu ershi shiji zhongwen xiaoshuo xinlun《如何現代,怎樣文學?:十九、二十世紀中文小說新論》(The Making of the Modern, The Making of a Literature: New Perspectives on 19th- and 20th-Century Chinese Fiction, 1998), Taipei, Maitian, 2008 (deuxième édition).
王德威 David Der-Wei WANG, « Xiandai zhongguo wenlun chuyi : yi “shi”, “xing”, “shishi” wei ti〈現代中國文論芻議: 以「 詩 」、「 興 」、「 詩 史 」為題〉(A Preliminary Proposal Concerning Modern Chinese Literary Thought : “Shi”, “Xing”, “Shishi”),《中國文化研究所學報》 Journal of Chinese Studies, No. 65, juillet 2017: https://www.cuhk.edu.hk/ics/journal/articles/v65p285.pdf
David Der-Wei WANG (ed.), A New Literary History of Modern China, Harvard University Press, 2017.
Françoise WAQUET, Les Enfants de Socrate. Généalogie intellectuelle et transmission du savoir, XVIIe-XXIe siècle, Paris, Albin Michel, 2008.
Pierre-Etienne WILL et Michel ZINK (éd.), Jean-Pierre Abel-Rémusat et ses successeurs. Deux cents ans de sinologie française en France et en Chine, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2020 [colloque du bicentenaire de la chaire d’études chinoises au Collège de France, 2014].
ZHANG Yinde, Littérature comparée et perspectives chinoises, Paris, L’Harmattan, 2008.
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Call for papers
International Conference
Date : 5-7 November 2026
Location : Bordeaux Montaigne University (Pessac, France)
The international conference “Heritage of Literary Practices and Transmission of Scholarly Knowledge: Plural Memories and Crossed Perspectives between Chinese Studies and General and Comparative Literature” seeks to extend and deepen the scholarly dialogue between researchers in Chinese-language literature and comparative literature scholars working on the Sinophone sphere. This dialogue originated in two one-day conferences organized in 2024 and 2025 by CEREO (Centre for East Asian Studies), which focused on diverse pedagogical approaches to the teaching of classical and modern/contemporary Chinese literature within the French higher education system.
The conference also aims to strengthen collaboration among several research units: the Plurielles research unit (UR Plurielles) at Bordeaux Montaigne University (in particular its CEREO and “Literatures and Worlds” teams), the French Institute for East Asian Studies (IFRAE) at INALCO, and the CERC (Comparative Literature Research Center) at Sorbonne Nouvelle University. By bringing together two research teams in Chinese studies and two in comparative literature, the conference seeks to consolidate interdisciplinary cooperation and pursue academic exchanges with the Center for Modern Chinese Civilization Studies at National Taiwan University.
A conference organized in March 2024 by the Transitions collective at Sorbonne Nouvelle University centered on the verb hériter (“to inherit”) and examined its concept and implications within the field of French literature. As stated in the conference theme and program, “a culture founded on transitionality must (…) grant individuals a broad space for inventiveness, providing them with the subjective resources necessary to choose, adjust, and transform what they inherit, in relation to others, disagreements and conflicts included.” (Program)
When it comes to the “legacy of literary practices” in the Sinophone world, this issue takes on particular significance: our two research disciplines (Chinese studies and comparative literature) are partly situated outside national frameworks and do not necessarily submit, when they choose to do so, to the requirement of establishing and transmitting a literary canon closely associated with nation-building. What possibilities are open to us, then?
The 2026 international conference aims, on the one hand, to examine literature written in Chinese—spanning ancient, modern, and contemporary periods—by re-situating it in relation to other forms of literate practice associated with wen. On the other hand, by engaging in dialogue beyond the boundaries of Chinese studies with comparative and world literature approaches that incorporate Sinophone literature, the conference seeks to critically reflect on the very notion of “heritage” within these fields.
Examining the intellectual legacy of figures from the past—teachers, philologists, critics, translators, often combining several of these roles—who continue to be upheld as models or counter-models, or whose legacy is sadly disappearing, as well as reflecting on the methods, disciplinary boundaries, and theoretical frameworks of Chinese studies and general and comparative literature, is not intended to produce an inventory or to perpetuate established critical traditions or academic practices. Rather, by adopting a critical and multidisciplinary perspective, the conference seeks to question their contemporary relevance. Confronted with challenges specific to the twenty-first century—particularly those concerning the place of teaching and research in society and their role in shaping shared forms of public life—the question of knowledge transmission invites participants to reflect on their own scholarly approaches and their positioning vis-à-vis these legacies, whether through adjustment, reinterpretation, indebtedness, hybridization, or through clear ruptures and polemical stances. At the core of this critical inquiry lies the articulation between the didactic, epistemological, and sensitive dimensions of academic work.
The Chinese literati tradition places strong value on master-disciple transmission, based on immersion and imitation of embodied knowledge that goes beyond what can be articulated verbally and is closer to savoir-être than to savoir-faire (Jean Lévi, 2013). Numerous narratives offer insight into this model, including fictional works translated in Impressions d’Extrême-Orient (2021), the short story The Golden Phoenix by the Korean novelist Yi Mun-yol (English trans. 1999), or the personal account by the painter and calligrapher Fabienne Verdier, Passenger of Silence (2003, 2024 for English translation). The pedagogical, cultural, and political stakes of this tradition have been widely studied—for example by Pablo Blitstein on “the hold of masters” in medieval China, or by Wiebke Deneckeon “Masters Literature” in early China. The master-disciple relationship has also been examined through differential comparatism, which, beyond schematic East-West oppositions, shows that master-disciple transmission may be criticized for excessive formalism in literary traditions worldwide (V. Deshoulières and M. Constantinescu, 2009).
Starting from this point, the conference seeks to interrogate scholars’ relationships to tutelary figures whom they may consider themselves heirs to, or whose authority they may reject. Sinology, through its literati tradition of the master-disciple relationship, arguably nourishes this phenomenon in a particularly visible way, though it is of course present in other disciplines as well. One may also consider a more distant form of filiation: Chinese tradition brings poets together across centuries through sites that become destinations of travel, poetic forms taken up and transformed by heirs separated by long temporal gaps, in such a way that literature becomes a space in which an intimate yet more abstract master-disciple relationship is re-created (cf. Michèle Métail, Le Paysage après Wang Wei [The Landscape after Wang Wei], Lanskine, 2021). This, too, constitutes a freely chosen form of relation.
Participants are invited to place in perspective the critical legacies they recognize, without confining themselves to strict master-disciple frameworks, and to focus instead on literate practices. By literate practices, we mean both wen in its classical sense and literature in its modern sense, as well as scholarly research in literary studies, history, and philosophy, without excluding other humanities and social sciences, provided that texts—and not only fieldwork—are understood as sites of experience, and that the textual works of earlier scholars form a legacy open to discussion and critique (cf. V. Debaene et C. Vial, “Lévi-Strauss: What Legacy?”, Yale French Studies, n° 123, 2013, p. 14-40).
Beyond personal inheritances, the conference proposes to explore several interconnected thematic perspectives:
Keynotes: David Der-Wei Wang (Harvard University/Academia sinica), CHEN Pingyuan (Peking University/Henan University), and MEI Chia-Ling (National Taiwan University), and Michèle Métail, poet.
Conference organizer: Bordeaux Montaigne University (UR Plurielles, UFR Languages and Civilizations)
Co-organizers: National Institute for Oriental Languages and Civilizations (INALCO, Paris)/IFRAE, Sorbonne Nouvelle University/CERC
Scientific Committee :
Céline Barral, Associate Professor in Comparative Literature, Bordeaux Montaigne University; member of the Littératures et mondes (Literatures and Worlds) research team, UR Plurielles.
Tan-Ying Chou, Associate Professor in Chinese Studies, Bordeaux Montaigne University; director of CEREO (Centre for East Asian Studies), UR Plurielles.
Tristan Mauffrey, Associate Professor in Comparative Literature, Sorbonne Nouvelle University; member of the CERC (Comparative Literature Research Center).
Haun Saussy, Professor in Comparative Literature, University of Chicago.
Victor Vuilleumier, Professor of Modern Chinese Literature, INALCO; member of IFRAE (French Institute for East Asian Studies).
Paper proposals may be submitted in French, English, or Chinese; proposals written in Chinese must be accompanied by an English version. Except for keynote lectures, for which French interpretation will be provided, the working languages of the conference will be English and French.
Proposals must be submitted by 31 March 2026 to the following addresses:
À tous et toutes les chercheurs et chercheuses de Plurielles, nous souhaitons une lumineuse année 2022 !Que le lancement de notre équipe rayonne de vos découvertes.Sans oublier de vous garder tous et ...
La rencontre des chercheurs intéressés par le thème transversal « Traduction, cosmopolitisme, plurilinguisme » aura lieu le lundi 17 janvier 2022 de 15h à 16h30 en H 106.Pas de lien zoom. Pour tout re...
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Vendredi 1er avril 2022 – 9h30-12h30 salle I003 - entrée libreDans le cadre du séminaire « Le geste comparatiste entre pensée de la traduction et tact critique »Conférence de Claire Placial : Enseigne...