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Quelles formes narratives pour l'écologie ? Littérature française et francophone (XIXe-XXIe siècles)

Jean-Paul Engélibert, Alessia Vignoli et Judyta Zbierska-Mościcka (dir.), Quelles formes narratives pour l’écologie? Littérature française et francophone (XIXe-XXIe s.), Varsovie, éd. Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego (WUW), série « Sensibilités environnementales », 2026, 280p. 

ISBN: 978-83-235-7246-6 

https://doi.org/10.31338/uw.9788323572466

Publication sous licence Creative Commons Attribution 4.0 PL (CC BY 4.0 PL) (texte complet disponible sur : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ legalcode.pl) 

Jean-Paul Engélibert, Alessia Vignoli et Judyta Zbierska-Mościcka (dir.), Quelles formes narratives pour l’écologie? Littérature française et francophone (XIXe-XXIe s.), Varsovie, éd. Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego (WUW), série « Sensibilités environnementales », 2026

Sous le titre « Quelles formes narratives pour l’écologie ? », ce livre voudrait dépasser les enquêtes thématiques sur la littérature environnementale et ses enjeux éthiques pour poser les questions proprement littéraires des genres de la fiction et des procédés du récit à un moment de l’histoire où l’écologie est devenue un enjeu majeur. En quoi la pensée écologique a-t-elle à voir avec les genres narratifs ou les manières d’écrire ? Notre hypothèse est que l’écologie décentre la littérature et peut-être en particulier la littérature narrative parce qu’elle l’incite à se renouveler en s’intéressant à de nouveaux objets qui demandent de nouvelles formes pour être représentés. 

Le philosophe Timothy Morton, dont l’œuvre est aujourd’hui traduite en français, a souligné que l’écologie exige de « penser grand », soit de penser des objets hors de proportion avec l’échelle humaine, dont l’existence s’envisage dans la très longue durée ou dans des espaces trop vastes pour être appréhendés par nos sens. Plus encore, elle demande de penser « le maillage », soit l’interconnexion de tout avec tout ou « l’interdépendance de toute chose ». Ces deux impératifs posent des défis à l’écriture narrative : comment représenter des réalités trop grandes ou trop complexes pour la perception, voire pour l’intuition humaines ? Quels personnages, quels points de vue, quelles intrigues permettent d’y accéder ? 

Table des matières

Fictions savantes

Riccardo Barontini, Le tournant écologique à l’épreuve des humanités numériques : le romanesque de la biodiversité

Marceau Forêt, De la science-fiction dans des revues académiques ? Fictions épistémiques et humanités environnementales

Judith Sarfati-Lanter, Imaginaires symbiotiques, entre éco-horreur et hybridation utopique. Poétiques de l’hybridation dans les œuvres d’Alain Damasio, Algernon Blackwood, Céline Minard et Klaus Modick 

Judyta Zbierska-Mościcka, Le futur du présent ou le présent du futur – sens de la métamorphose dans Plasmas, livre-monde de Céline Minard

 

Question d’échelles

Marion Grange, Pour une cosmopoétique du récit : Le sens du cosmos dans l’œuvre de Jean-François Beauchemin

Bertrand Guest, Dérive queer pour (se) relier (à) un monde finissant ? Rabalaïre d’Alain Guiraudie

Anne Simon, Écopoétique des courants et des flux. L’incipit de Doggerland d’Élisabeth Filhol

Alba Pessini, Wilfried N’Sondé : quel(s) genre(s) pour raconter le vivant ?

 

Lieux : ouvertures, porosités, profondeurs

Caroline Dumas de Rauly, Brouiller les limites de la maison. Dramaturgie de l’oikos aux temps de l’anthropocène

Frédérice Poupon, L’arrière-pays : un espace narratif de pensée écologique ? Lectures croisées de La Deltheillerie de Joseph Delteil et des Lettres de Gourgounel de Kenneth White

Gisèle Bienne, La ferme, un livre en soi

 

Formes modestes

Élisabeth Plas, L’écologie du conte merveilleux : les micro-histoires environnementales de George Sand

Anita Staroń, L’animal qui me précède. Le conte animalier autour de 1900

Colette Camelin, Au plus près de la vie pastorale

Marie Vigy, (In)actualité du conte et de la légende : déclinaisons romanesques du merveilleux et exploration des frontières écologiques

 

Perspectives animales et végétales

Anna Maziarczyk, Narration animale au service de l’écologie dans Mémoires de la jungle de Tristan Garcia

Natalia Nielipowicz, De quelques tropes dendrologiques dans les nouvelles de J.-M. G. Le Clézio : le cas des forêts

 

Écopoétiques postcoloniales et décoloniales

Alessia Vignoli, Bain de lune de Yanick Lahens et le renouveau du roman paysan haïtien

Michał Obszyński, Du réalisme merveilleux à la réalité augmentée : la Caraïbe dans Romancero aux étoiles (1960) de Jacques Stephen Alexis et Tè Mawon (2022) de Michael Roch

Małgorzata Sokołowicz, « Ces paysages font partie de [mon] sang et [mon] âme » : Les mécanismes autobiogéographiques dans Ourse bleue de Virginia Pésémapéo Bordeleau

Sara Del Rossi, Le parcours décolonial et le réalisme (in)formatif de Naomi Fontaine dans Kuessipan/À toi (2011), Manikanetish (2017) et Shuni : ce que tu dois savoir Julie (2019)