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Appel à communication : « Horizons amicaux » [Journée d'étude, 2026, 5 sept.] / DL : 1er juin 2026

Myriam Tsimbidy

Horizons amicaux

 

La Société des amis de Bussy-Rabutin organise avec le soutien du CEREC (équipe de Plurielles, UR 24142, université Bordeaux Montaigne) à l’occasion du quatre centième anniversaire de la naissance de Mme de Sévigné une journée d’étude consacrée à l’amitié.

L’amitié contribue puissamment à structurer la société de l’époque moderne. La signification du terme est alors plus riche et plus profonde qu’aujourd’hui. Sa polysémie est une conséquence de la polyvalence de son usage dans l’espace privé voire intime, et dans l’espace public et politique. L’amitié énonce les affinités personnelles (l’on distingue par exemple la « tendre amitié » de « l’honnête amitié »), affirme et renforce des liens familiaux comme elle relie des personnes de rang différents, favorisant le recrutement des factions.  Elle motive des dons et legs, elle justifie des engagements, elle inspire des œuvres, elle innerve des correspondances. Ce thème qui relève de la philosophie et de la littérature est d’une telle importance sociale qu’il peut être également abordé à la rencontre de l’histoire et de l’histoire littéraire. L’on peut en effet l’examiner sous deux angles : quel rôle joue-t-il dans les écrits du XVIe au XVIIIe siècle et, simultanément, comment doit-on le prendre en compte dans l’histoire des auteurs considérés et, plus largement, de leurs contemporains ? 

Une première approche consistera à repérer les manières de dire et d’écrire l’amitié et/ou de revendiquer ce lien. Comment Bussy, Mme de Sévigné, nomment-ils leurs amis, comment les présentent-ils et de quelle manière décrivent-ils leurs rapports avec eux ? Quelles sociétés ces amitiés forment-elles, les amis de Bussy sont-ils ceux de Marie de Rabutin, puis de Mme de Sévigné ? L’on pourra ici introduire un critère chronologique : par exemple comment évoque-t-on les amis avec lesquels l’on a rompu ? Pierre Lenet manque à Bussy au moment de sa prison, mais Mme de Sévigné évoque ensuite avec nostalgie les jours joyeux de leur jeunesse. 

Une deuxième approche consistera à qualifier ce lien. Si l’on ne peut prétendre quantifier l’amitié, il est possible de la comparer : lorsqu’un personnage est présenté comme « mon parent et ami », l’amitié redouble le lien familial. Est-il alors possible de distinguer des actions dont le ressort serait l’amitié plutôt que la parenté ? Peut-on trouver des marques d’affinités personnelles dans des gestes d’amitié qui relèvent aussi de pratiques sociales ou politiques ? Les mémorialistes de la Fronde font souvent de l’amitié un facteur explicatif de leurs choix, puis un Saint-Simon a soigneusement montré comment ses amitiés pour Chamillart et Pontchartrain ont favorisé son initiation aux affaires publiques.

Une troisième approche consistera à analyser l’amitié comme valeur partagée. Mme de Sévigné en donne une parfaite illustration lorsqu’elle loue Bussy de son éloge du duc de Saint-Aignan. Comment exalte-t-on ce sentiment, comment le représente-t-on et comment le marque-t-on ? L’on pourra ici analyser des œuvres picturales, des emblèmes, ou encore les pièces liminaires de recueils. 

L’on pourra encore envisager les amitiés littéraires, en quoi permettent-elles d’apprécier, voire de corriger ses propres écrits, d’en modifier la portée ? On pourra penser aux conseils de Bouhours à Bussy , …ou encore à ces amitiés exceptionnelles qui nourrissent la pensée et font de l’autre un autre moi-même (Montaigne et La Boétie )

Les communications pourront notamment s’intéresser à la présence, la forme et le rôle de l’amitié :

- dans les rapports entre les deux cousins (de l’Histoire Amoureuse des Gaules à la correspondance) ;

- dans le décor du château (avec par exemple ses liens avec les Mémoires et la correspondance de Bussy) ; 

- dans les traités, les correspondances et les Mémoires du XVIe au XVIIIe siècle ;

- dans les œuvres de fictions du XVIe au XVIIIe siècle…

 

La journée d’étude se tiendra au château de Bussy-Rabutin le 5 septembre 2026 
Les communications, d’une durée de vingt-cinq minutes, seront publiées dans Rabutinages, la revue de la Société, en décembre 2026.

 

Les propositions de communication (titre et une quinzaine de lignes) sont à envoyer avant le 1er juin 2026 par mail à : myriam.tsimbidy@u-bordeaux-montaigne.fr  et ch.blanquie@outlook.com 

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