Journée d’étude du 12 mars 2026 MSH salle 2
10h30-11h Accueil des participant.es et introduction scientifique par Lucile Bordes (UBM / Plurielles), Isabelle Poulin (UBM / Plurielles) et Aránzazu Sarría Buil (UBM / AMERIBER) : présentation des problématiques et des enjeux de la journée d’étude
11h-12h30 Panel 1 – Des œuvres à double face
Président de séance : Nicolas Patin (UBM / CEMMC)
Ces deux communications posent la question des croisements disciplinaires à travers deux figures, l’écrivaine Emilia Pardo Bazán (1851-1921) et le chercheur et critique Maurice Bardèche (1907-1998). L’ordre de présentation propose un cheminement historique, de la fin du 19e siècle au 20e siècle, mais le panel met surtout en évidence des divergences qui éclairent la dimension politique du geste de l’historien ou du littéraire.
Amélie Florenchie (UBM / AMERIBER)
« Les féminismes d’Emilia Pardo Bazán. Problèmes de méthodologie »
Judith Lyon-Caen (EHESS / CRH, GHRIL)
« Balzac peut-il être fasciste ? Histoire et critique littéraire »
12h30-14h30 Pause déjeuner
14h30-16h Panel 2 – (D’)écrire les fascismes
Président de séance : Claudio Pirisino (UBM, Plurielles)
Ce panel interroge prioritairement les mots et leurs usages. Il est aussi construit selon une logique temporelle, la première communication explore la période du fascisme à travers un récit écrit 20 ans après les événements, et la seconde pose la question du néo-fascisme à l’époque actuelle.
Stéphane Michonneau (UPEC / IRHiS, CRHEC)
« Désigner l'ennemi : franquistes et communistes dans Sátrapas en Occidente d'Antonio Ramos (1957-1958) »
Emmanuel Bouju (Université Sorbonne Nouvelle / CERC)
« Je m’appelle Autrement. Sophistique du néo-fascisme et résistances du littéraire »
16h15-17h Table-ronde bilan
Il y a un peu plus d’une décennie, Carlo Ginzburg interrogeait de manière rétrospective son « métier d’historien » dans un article intitulé « Nos mots et les leurs » [Disponible en ligne : https://journals.openedition.org/essais/2527] et s’appuyait pour ce faire, sans hiérarchie, sur les travaux de l’historien français Marc Bloch, du linguiste américain Kenneth Lee Pike, du philologue allemand Erich Auerbach et du poéticien italien Franco Moretti. La lecture des essais de Marc Bloch lui permettait de déterminer certaines difficultés du travail de l’historien liées à l’inadéquation entre les mots d’aujourd’hui et les réalités du passé, entre les mots d’hier et les sources à analyser, entre les mots et la réalité. Pour surmonter ces difficultés, Marc Bloch s’était engagé dans une histoire comparative et avait publié en 1928 un essai intitulé « Pour une histoire comparée des sociétés européennes », sorte de manifeste méthodologique, la comparaison ayant pour fonction de mettre en lumière des spécificités. Dans le prolongement de cette approche, Carlo Ginzburg disait s’inspirer lui-même des travaux du philologue Erich Auerbach ainsi que de la méthode de la Littérature comparée, discipline qui privilégie une approche inter-nationale et s’interroge aussi sur « nos mots et les leurs » en prêtant l’oreille à un ailleurs linguistique, aux processus de traduction.
L’historien·ne et le littéraire ont ainsi en commun une conscience des langues, l’historien·ne parce qu’il·est confronté à leur dimension historique, et le littéraire parce qu’il a pour objet d’études le matériau de l’écrivain·ne, dont il interprète l’usage et, en tant que comparatiste, la réalité plurielle.
C’est sous l’égide de ces croisements de chercheurs que nous souhaitons placer cette journée d’étude, conçue comme un espace de rencontres et de discussions entre historien·nes et littéraires. Se poser la question « qui dit ça ? » revient à réfléchir aux positions singulières des uns et des autres dans le champ du savoir : qui possède quoi (« nos mots »), dans quel rapport d’altérité (« et les leurs ») ou d’autorité ? L’hypothèse est que la confrontation à un hors-champ disciplinaire rend visible la nature des médiations propres à chaque discipline, et peut-être aussi la complémentarité de deux positions de recherche singulières.
Le choix d’un objet d’étude particulier* devrait permettre l’émergence de réponses concrètes. Seront ainsi interrogés les mots des historiens et des littéraires pour nommer, décrire, raconter la figure de l’ennemi dans le cadre de l’Europe de l’entre-deux-guerres, moment de surgissement du fascisme en tant que phénomène international, et dans le cadre de l’Europe de la Seconde Guerre mondiale et de l’après-guerre, moment d’édification de cette figure de l’ennemi, à partir de ce que les uns appellent des sources, les autres des œuvres.
*Lié à la thèse en cours de Lucile Bordes, co-dirigée par une littéraire (Isabelle Poulin) et une historienne (Aránzazu Sarría Buil), et intitulée Guerre et paix : intermittences de la violence dans les récits féminins. Approche européenne (France, Espagne, Italie) de l’âge des extrêmes (xxe siècle)
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