Cette thèse de Littérature Comparée propose une étude de l’écriture de la diversité sexuelle et de genre, dans des œuvres relevant de l’écriture de soi des années 1990 à nos jours, en France, au Québec et aux États-Unis. Il s’agit de mettre au jour la façon dont les auteurs et autrices LGBTQI+ contestent à la fois une hégémonie de valeurs (l’hétéronormativité) et une certaine standardisation esthétique, écrivant contre le canon sinon contre la littérature ellemême, dans un principe de constante effraction. La dimension politique de ce geste consiste à questionner les codifications binaires et l’épistémologie de la différence sexuelle, les sexualités alternatives étant souvent rattachées à la marginalité et à des sous-cultures plus ou moins politisées telles que l’underground (présent chez Gabriel Cholette et Guillaume Dustan), le punk (revendiqué par Virginie Despentes ou Michelle Tea) et plus globalement le queer (chez Pascale Bérubé, Maggie Nelson ou Paul Preciado notamment). Le corpus retenu permettra également d’analyser les rapports entre écriture du sexe et écriture de soi : les auteur·ices LGBT+ et queer jouent de la plasticité formelle de l’autobiographie qu’ils ajustent à l’ambition esthétique qui leur est propre (mémoires, carnets, autothéorie, autofiction, autosociobiographie ou encore poésie de l’intime). La diversité des scénographies auctoriales contemporaines fait entendre différentes formes d’affirmation de soi qui invitent enfin à observer les postures d’auteur·ices adoptées, dans une dialectique de la représentation et de l’expression, et à s’interroger sur ce que l’identité LGBTQI+ apporte à la question contemporaine de l’auctorialité. Cette thèse permettra ainsi de mettre en relief la façon dont les auteur·ices LGBTqueer déplacent aussi bien nos représentations des sexualités alternatives que nos conceptions du littéraire.